&Une nuit. Un désir. Quelques instants. Un souvenir. Une vérité.
# Sïana.

lundi 10 février 2014

hédonisme.


Il mettait en scène des frasques de beauté.
Pur et brut, cassant comme la rose.
Légère et douce comme l'arôme.
L'effluve qui émanait de sa plume ne cessait de croître.
Reclus à l'abri de la curiosité infantile, il créait.
Bricolait avec un enthousiasme caché.
Grattait l'écorce de son talent.
Silencieux comme son art.
Il caressait sa toile du bout de son pinceau.
L'effleurant, n'osant la brusquer.
Il tentait de la courtiser, lui plaire. La séduire.
A ses demandes, elle restait lisse, souple... simplement belle.
Elle s'abandonna à lui avec délectation.
Jouissant avec lui du plaisir qu'il se procurait mutuellement.
Sublime apothéose.

# Sïana. ©

mercredi 5 février 2014

papier peint pour chambre d'enfant



dissection ouverture recherche cellulose
pellicule cordon fil aiguille légère
perles goûteuses craquantes sable doux brise colorée
ombres multiples recette mélange aimé
embrassade bichonnée imaginaire convoitée
pas forcément méritée enfermement éclatant
cachot bien-aimé arc piégé balance
statue monstre maitrise des lignes
inspiration du monde compatriotes 
modèle agréable ou non vivant ou non consentant ou non
bienséance gommée traits fins ratures
normes échancrées branche cassée
coulis de peau coulis de rage 
dégénération recrudescence 
cliquetis pétillant bruit gluant pâteux compact
paradoxalement liquide

# Sïana. ©

samedi 25 janvier 2014

antinomie.

 
De tes petites ailes fragmentées, tu illumines le ciel.
De tes grands yeux dorés, tu m'appelles à l'aide.
Je m'apprête à te recueillir juste en bas, juste en dessous de toi.
Espérant te porter doucement, le plus beau des voyages t'attend.
Fragile tu es, désarticulée tu resteras. Voluptueuse, je garderai de toi.
L'effeuillage de tes plumes me frôle la peau.
Semblable à de la soie qui glisse entre mes doigts.
Je ne parviens pas à l'attraper. Il m'échappe.
Languissant, se faisant désirer. Sensuel.
Suivant le mouvement de vagues imaginaires.
Émerveillé comme un enfant à la vue d'un spectacle innocent.
Tu tires ta révérence avec les pas de ta plus belle danse. 

# Sïana. ©

vendredi 24 janvier 2014

fracture.


J'ai l’œsophage qui brûle.
J'ai les entrailles qui tiraillent.
Les remords bloqués à l'intérieur.
Pris dans le tournant. Barricade.
D'acier, de bois, de briques. Mélange acerbe.
Archaïsme approuvé.
J'ai perdu. Putain, je sais que j'ai perdu.
On prend la peine de m'arrêter pour me le foutre à la figure.
On me déchire mes vêtements, me jette comme un malpropre.
En dehors de ce trou sordide.
J'ai l'impression qu'on me renie. On me fait payer mes maladresses.
Un bouc-émissaire. Voilà ce que je suis devenu.
J'ai au moins le mérite de parvenir à vous réunir.
Un semblant de solidarité, de communauté.
Je vous baise les mains pour vous remercier.
Jamais je ne partagerais votre dédain, votre peur accrue par le monde.
Jamais je ne me mettrais à genoux devant vous.
Car j'ai fait le choix de ne pas être faible.

# Sïana ©

vendredi 17 janvier 2014

syndrôme.


Blanc délicat.
Blanc soyeux. Blanc silencieux.
Blanc méprisant. Blanc de néant.
Blanc d'absence.

Des lignes froides comme les pages. Verglacées. Propres étaient les feuilles, vides étaient les mots. Pourtant, l'absence était criante, poignardante. Il avait beau effleurer le papier, seule sa douceur se faisait sentir sous ses doigts. Il fermait son livre. Puis l'entrouvait de nouveau avec un espoir déjà brisé, une surprise non dissimulée. Absurde serait son souhait réalisé. Tel un enfant innocent, il continuait de tourner les pages les unes après les autres, précieusement. Cherchant un point, une lettre, une signature peut-être. Naïveté trop profonde. Cherche plutôt l'auteur. Il paraît qu'il se cache quelque part parmi ces lignes. 
Et là est la réponse, tant convoîtée.


# Sïana ©

mercredi 15 janvier 2014

cafarnaüm...


... qui vole en tout sens. *

Douceur de ta plume sur ma feuille.
Violence de tes échecs.
Sourire sur tes lèvres.
Rage salissant ton visage.
Fébrilité détestable.



Rigueur. Loyauté. Travail. Volonté.
Les maîtres mots d'un avenir conquis.
'' Reconnaissance, succès, argent, artifices. ''
Là, ce sera plus parlant.


Ouvre un peu tes yeux.
Rabâché continuellement, j'appelle cela du bourrage de crâne. Tu nommes cela l'éducation.
Tout dépend ce que tu enseignes. Tu es le maître, je suis l'élève. Je suis celui que tu formes de par tes mots, tes actes. Je serai ton miroir quoi que tu veuilles. Le temps passera. Tu vieilliras. Je vieillirais autant que toi.
Mais je serai toujours toi.


Tout ce qui est beau est éphémère.
Tout ce qui est beau est singulier.
Tout ce qui est beau relève du souvenir.


 Un devient toujours plusieurs.
Et plusieurs devient toujours unique.
L'authenticité.


Oublie.
Si encore tu as quelque chose à oublier.


Ignorant que nous sommes.

 # Sïana. ©

mercredi 25 décembre 2013

adultère féminin.



Silhouette délicate. Utopique.
Empreinte de désir.
Chassant la facilité.
Banalité épuisée.


Découverte d'un désir.


Réveillant la tentation.
Des sens cachés, refoulés.
Mirage obsédant.
Inexplicablement singulier.


Senteur mystérieuse.


Cheveux couleur corbeau.
Noir viscéral.
Passion abondante.
Étincelles inflammables.
Percutantes.


Fatale inconnue.


Poursuivant ton ombre.
Espérant découvrir tes secrets.
Partager un semblant de possession.
Suivant le murmure de tes talons.


Promesses voluptueuses.


Délicieuse cachotterie.
Bouche exquise.
Incarnant la liberté.
Impossibilité de résister.
De passer outre mes envies.
Souvenirs transcendants.


Gardés sous clé.

 # Sïana. ©
( je suis pas convaincue du touuut. )

vendredi 20 décembre 2013

émeute.



désir de révolte incommensurable.
combat acharné.
affirmer ses idées.
convaincre pour plaire.
plaire pour être écouté.
< oh là, bêtises enfantines ! >
voici une bataille sans attirail.

pureté et sobriété entremêlés.
imprévu attendu.
poings et paroles limités.
injuste gratuité.
< c'était juste pas le bon jour,
cesse de ne pas m'écouter. >

intelligence élevée.
faiblesse sacrifiée.
masques arrachés.
mensonges révélés.

date au fer rouge.
qui demain sera oubliée.


 # Sïana. ©

jeudi 12 décembre 2013

Ecorce.



J'ai épluché ta peau. Muant sous mes doigts.
J'ai accepté d'embrasser ta perfidie. De corrompre mes mœurs. De colporter d'autres valeurs. 
Je t'ai froissé entre mes ronces. Museler dans mes étreintes. Dans la folie, j'ai effeuillé ton voile. Bercer nos retrouvailles. 
J'ai fredonné ton air bien-aimé, tu m'as murmuré d'arrêter.
Simple bourreau obstiné.


# Sïana. ©

samedi 30 novembre 2013

dissimuler.


Des planches en bois en guise de trappe.
Des masques comme des frappes.
Des pinceaux entremêlés.
Des semblants de fils barbelés.

Des fissures épineuses.
Des angoisses mitrailleuses.
Des cadenas insoumis.
Des âmes dans l'oubli.


Des pardons récoltés.
Des sourires écartés.
Des mémoires enchaînées.
Des êtres opprimés.

# Sïana. ©

lundi 25 novembre 2013

orphelin.


Un besoin. Un besoin nécessaire. Vital et irrévocable. Maladie incurable. Intangible et radical.

Enchaîné sur sa chaise par du simple scotch, des simples cordes. Ses doigts en étaient rouges. Rouges pour avoir trop griffé, pour avoir eu l'envie de s'échapper. Des écorchures ornaient son corps, blessaient sa peau, brûlaient ses membres. Marqués au fer comme à la clope. Une signature. Traces indélébiles repoussantes. Ses os apparents parlaient pour lui, confiaient ses douleurs, partageaient ses craintes. Une musique en boucle passait dans le fond de la pièce. Cachée dans ce placard qui bloquait la porte. C'était une musique douce, silencieuse. Sa préférée. Celle qu'il écoutait ; docilement. Tout près de cette femme. Sa mère. Si tendre, si belle. L'élégance, la tendresse, la passion. Celle qui le cajolait démesurément lors de ses moindres pleurs. Pour ses ridicules plaies d'enfant. Ses yeux mornes étaient contraints de regarder ce mur. Froid et vide, comme son âme. Insipide, translucide. La résignation demeurait dans son être. Nulle inquiétude, nulle haine, nulle angoisse. Désirant simplement se lever. S'enfuir vers le ciel. Ôter ses cordages. Lever le voile. Découvrir le partage. Malheureux prisonnier condamné. 

Désigné de façon forcé.

 # Sïana. ©
( gribouillé en philo. haha )

vendredi 22 novembre 2013

amputation.


Les gouttes de pluie perlaient sur sa vitre. L'odeur humide de la terre se répandait jusque dans sa chambre. Envahissant toute sa pièce, tout son corps. Il restait lasse, debout devant sa fenêtre. Les bras ballants. Muet comme son ombre. A l'opposé, son regard était ferme, dur ; déterminé semblait-il. Insensible par les cris de cette femme qui hurlait son nom. Les photos présentes sur les murs se détachaient une à une, chacune leur tour. Ses moments de bonheur, d'insouciance; cette beauté du monde qu'il pouvait percevoir autrefois n'étaient plus. Aujourd'hui, il pensait que cela n'avait jamais existé. Ses membres ont commencé à se crisper. Il commença à trembler. Etait-ce de froid ou de peur ? La porte s'ouvrit brutalement. Arrachant la poignée d'un coup sec. Une femme apparue. Elle se tenait péniblement contre le mur, des deux mains, essoufflée, courbée, exténuée par l'effort qu'elle venait d'accomplir pour arriver jusqu'ici. Il ne bougea pas. Il demeura ainsi sans faire le moindre geste. Elle tenta de bredouiller quelque chose, mais sa bouche refusait de sortir le moindre son. Elle ne pouvait que contempler ce dos fébrile et squelettique qu'elle n'osait approcher. Elle fit un pas, il en fit deux. 
Et la page fut arrachée.

 # Sïana. ©